Empruntant son titre au poète Yves Bonnefoy, l’exposition l’Arrière-pays II se propose de mettre en perspective et lumière notre présent, en traçant des lignes de force qui sont autant des gestes d’émancipation.
Fuite, errance, passages, exil, migration, traversées, abandon, frontières : bien des œuvres contemporaines déclinent ces expériences du déplacement. Les artistes, à travers la vidéo, trouvent des points de passage, inventent des temporalités autres, repensent des géographies, malgré le dépaysement, l’exil à soi et à sa communauté, les turbulences du temps politique. Collectant archives et témoignages en forme de récits, ils deviennent à leur tour les témoins– vigies qui redonnent la parole à des sujets privés de la possibilité de dire « Je », à la recherche d’un arrière-pays.
Chez le poète Yves Bonnefoy, « L’Arrière-pays » désigne un double exil spatial et temporel, une remise en question du présent, une quête d’un autre lieu de la mémoire, de l’Histoire, de l’invisible dans toutes ses composantes.
Conçu comme une traversée à travers des cycles de récits disparates, les œuvres rassemblées dans cette exposition portent sur la transmission (Marwa Arsanios, Lamine Ammar Khodja, Sirine Fattouh, Bouchra Khalili, Elika Hedayat, Dania Reymond) sur des géographies politiques (Elisabeth Leuvrey, Randa Maddah), sur l’Histoire ensevelie (Ghassan Halwani, Safia Benhaïm), sur la mémoire, sur des fictions politiques (Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, Narimane Mari, Larissa Sansour).
Toutes ces œuvres s’inscrivent aujourd’hui dans des espaces géopolitiques en guerre ou d’instabilité chronique.
Cette exposition constitue le deuxième volet d’une exposition itinérante qui multiplie ses variantes, au gré de divers contextes, espaces et géographies institutionnelles, depuis 2021.
Commissaires : Pascale Cassagnau (conservatrice, responsable de la collection audiovisuel, vidéo et nouveaux médias du Cnap), Lucie Taboulot (responsable du Carré de Baudouin).