Ce nouveau cycle d’impromptus philosophiques et circassiens inverse quelque peu la méthode : ce n’est plus le cirque qui s’invite dans le monde philosophique, mais la philosophie qui s’invite dans le monde du cirque. Le point de départ du travail est une recherche artistique bien particulière, portée par un·e artiste de cirque. Quelle portée philosophique peut contenir une telle recherche ? Que dire en marge et au cœur du geste circassien ? Y aurait‑il une ou plusieurs philosophies du cirque ?
Pour le premier impromptu de cette édition, nous partons du quotidien, puisque tel est le champ de travail du jeune et talentueux jongleur Matthias Bruchez, artiste‑apprenti à l’Académie Fratellini. Qu’y a-t-il d’extraordinaire dans nos habitudes de vie ? Comment la jonglerie, l’art du spectaculaire par excellence, peut-elle révéler la poésie de gestes pourtant si coutumiers ? Ne faudrait-il pas repenser le quotidien et rompre avec le cliché qui le réduit à une banale et ennuyeuse chose indigne d’intérêt ? La philosophie, appuyée sur cette recherche artistique, doit penser la singularité invisible de nos existences, cachée derrière l’apparente répétition de nos actions quotidiennes.
Dans un ping‑pong de mini‑conférences un peu folles, cet impromptu sur le quotidien promet de surprendre !
Par Guillaume Clayssen, agrégé de philosophie, metteur en scène et comédien
Crédit photo portrait Mathias : © Chloé Vollmer-Lo / Académie Fratellini
Crédit photo Guillaume Clayssen : Antoine Michelet